Belo Monte :
pétition du Cacique Raoni

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[Vidéo] Cacique RAONI, Amazonie, Brésil - message aux dirigeants de tous pays : "trouvez d'autres idées !"

[Vidéo] Cacique RAONI, Amazonie, Brésil - message aux dirigeants de tous pays :

Message filmé du Cacique RAONI METUKTIRE, Amazonie, Brésil -
POUR DIFFUSION IMMÉDIATE


Mis en ligne le 29 août 2013 par www.raoni.com / association Planète Amazone, accompagné de la traduction intégrale du document remis à la présidente du Brésil Dilma Rousseff, le 10 juillet 2013. 

 

Message filmé du Cacique RAONI METUKTIRE, Amazonie, Brésil - POUR DIFFUSION IMMÉDIATE
Mis en ligne le 29 août 2013 par www.raoni.com / association Planète Amazone, accompagné de la traduction intégrale du document remis à la présidente du Brésil Dilma Rousseff, le 10 juillet 2013.

Le 10 juillet 2013, le Cacique Raoni, célèbre dans le monde entier pour sa lutte en faveur de la préservation de la forêt amazonienne, était enfin reçu, après plusieurs annulations, avec une délégation de représentants indigènes par la présidente du Brésil Dilma Rousseff, à l'origine de la reprise, sous la présidence de Lula Da Silva, du projet de barrage de Belo Monte.

Un texte a été remis ce jour-là par le Cacique et la délégation à la chef de l'état brésilien (la traduction intégrale du document est disponible sur www.raoni.com). Les principales violations des droits des indigènes y sont rappelées et il y est fait état de leur très forte inquiétude à propos de dispositifs législatifs, proposés, votés ou sur le point de l'être sous la présidence de Dilma Rousseff, ceux-ci visant à revoir à la baisse leurs droits fondamentaux, à réviser les frontières de leurs territoires, fussent-ils démarqués et à faciliter la possibilité de développer des projets miniers ou énergétiques (grands barrages) en terre indigène sans consultation préalable. 

Opération "UNE VOIX POUR L'AMAZONIE, UNE VOIE POUR L'AVENIR" :
engagez vos élus à répondre au message du Cacique RAONI

 

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La présidente du Brésil a apposé sa signature au document et affirmé qu'elle soutenait les indiens dans leur lutte pour la préservation de leurs droits et de la forêt amazonienne. Toutefois le Cacique Raoni n'est pas dupe, les paroles n'étant pas suivi des actes depuis le début des trois années de gouvernance de Dilma Rousseff. Les signaux envoyés pendant les 1000 premiers jours par cette administration (autorisation illégale de début de travaux pour le barrage de Belo Monte, révision du code forestier...) ont au contraire démontré que sa vision de l'expansion économique du Brésil passait obligatoirement par une exploitation forcenée et irraisonnée de la forêt amazonienne, sans souci des dommages collatéraux irréversibles (destruction de la biodiversité, ethnocides, violations aux droits de l'Homme...).  
Un scandale humanitaire et écologique est en marche. Le Cacique Raoni en ayant conscience, a tenu à saisir l'opportunité de cette rencontre marquée par la signature du document par la présidente pour enregistrer, quelques jours plus tard, sur une crête surplombant à l'entrée de son village le fleuve Xingú tant menacé; un message filmé à destination des dirigeants du monde entier. Les citoyens de tous pays sont en effet directement concernés par le sort de la forêt amazonienne. Si celle-ci venait à disparaître les conséquences en seraient effroyables et la vie de chacun d'eux s'en trouverait bouleversée, à jamais. Le Cacique Raoni garde l'espoir qu'ils se sentiront également concernés par le devenir de son peuple, et de tous les peuples indigènes d'Amazonie menacés, car ils sont les garants de la préservation du plus grand "poumon vert" de la planète... 

Un texte a été remis ce jour-là par le Cacique et la délégation à la chef de l'état brésilien (la traduction intégrale du document est disponible sur www.raoni.com). Les principales violations des droits des indigènes y sont rappelées et il y est fait état de leur très forte inquiétude à propos de dispositifs législatifs, proposés, votés ou sur le point de l'être sous la présidence de Dilma Rousseff, ceux-ci visant à revoir à la baisse leurs droits fondamentaux, à réviser les frontières de leurs territoires, fussent-ils démarqués et à faciliter la possibilité de développer des projets miniers ou énergétiques (grands barrages) en terre indigène sans consultation préalable. 

La présidente du Brésil a apposé sa signature au document et affirmé qu'elle soutenait les indiens dans leur lutte pour la préservation de leurs droits et de la forêt amazonienne. Toutefois le Cacique Raoni n'est pas dupe, les paroles n'étant pas suivi des actes depuis le début des trois années de gouvernance de Dilma Rousseff. Les signaux envoyés pendant les 1000 premiers jours par cette administration (autorisation illégale de début de travaux pour le barrage de Belo Monte, révision du code forestier...) ont au contraire démontré que sa vision de l'expansion économique du Brésil passait obligatoirement par une exploitation forcenée et irraisonnée de la forêt amazonienne, sans souci des dommages collatéraux irréversibles (destruction de la biodiversité, ethnocides, violations aux droits de l'Homme...).  

http://raoni.com/images/editos/raoni-dilma.jpg

La photo officielle du rendez-vous accordé par la présidente Dilma Rousseff le 10 juillet 2013, après maints reports, à une délégation de représentants indigènes, dont le Cacique Raoni. Celle-ci a été agrémentée par des militants, sur Facebook, d'une légende sans concession :
"Elle a appelé pour prendre une photo, mais ce qu'elle veut, c'est prendre la terre."

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Un scandale humanitaire et écologique est en marche. Le Cacique Raoni en ayant conscience, a tenu à saisir l'opportunité de cette rencontre marquée par la signature du document par la présidente pour enregistrer, quelques jours plus tard, sur une crête surplombant à l'entrée de son village le fleuve Xingú tant menacé; un message filmé à destination des dirigeants du monde entier. Les citoyens de tous pays sont en effet directement concernés par le sort de la forêt amazonienne. Si celle-ci venait à disparaître les conséquences en seraient effroyables et la vie de chacun d'eux s'en trouverait bouleversée, à jamais. Le Cacique Raoni garde l'espoir qu'ils se sentiront également concernés par le devenir de son peuple, et de tous les peuples indigènes d'Amazonie menacés, car ils sont les garants de la préservation du plus grand "poumon vert" de la planète... 

 

 



 

lettre publique des peuples indigènes du Brésil à la présidente de la République Dilma Rousseff

 

À votre excellence 

Dilma Rousseff

Présidente de la République Fédérative du Brésil

Brasilia - District Fédéral

Nous, représentants indigènes de divers peuples et organisations indigènes des différentes régions du Brésil, réunis en cette occasion historique avec votre exccellence au Palais du Planalto, bien qu'en nombre restreint, mais suffisemment informés et connaissant profondément, plus que quiconque, les problèmes, les souffrances les nécéssité et les aspirations de nos peuples et communautés, manifestons par la présente, après une si longue attente, les considérations et les revendications suivantes, qui, nous l'espérons, seront comprises par votre gouvernement comme le début du règlement de la dette sociale de l'État Brésilien envers nous, après des siècles d'une interminable colonisation marquée par des politiques et des pratiques violentes, l'extermination, la spoliation, le racisme, les préjugés et la discrimination.

Nous sommes une petite mais expressive manifestation de la diversité éthnique et culturelle du pays, formée par 305 peuples indigènes différents parlant 274 langues distinctes et composée d'une population d'approximativement 900 mille habitants, selon les données de l'IBGE (Institut Brésilien de Géographie et Statistiques).

C'est au nom de ces peuples que :

1 - Nous réitérons notre refus d'être considérés comme un frein au développement du pays, ce qui caractérise un manque total de considération de notre contribution à la formation de l'État National brésilien, par la préservation d'un patrimoine naturel et socioculturel enviable, en incluant la préservation des frontières actuelles du pays.

2 - Nous revendiquons les mêmes procédures pour la PEC 237/13 qui prétend légaliser la location de nos terres, du PL 1610/96 de l'activité minière en Terres Indigènes, du PL 227/12 qui modifie la démarcation des Terres Indigènes, parmi tant d'autres initiatives pour limiter nos droits constitutionels.

3 - Le gouvernement doit fortifier et donner toutes les conditions nécessaires pour que la Fondation Nationale de l'Indien (Funai) remplisse son rôle dans les démarcations, la protection et la surveillance de toutes les Terres Indigènes, dont le passif est encore immense dans toutes les régions du pays, même en Amazonie où le problème est prétendument résolu. Nous n'admettons pas que la Funai soit disqualifiée, ni que l'Embrapa (Entreprise Brésilienne de Recherches Agricoles), le Ministère de l'Agriculture et d'autres organismes, ignorants de la question indigène, soient habilités à évaluer et à contribuer aux études anthropologiques réalisées par la Funai, dans le seul but de répondre aux intérêts politiques et économiques, ainsi que l'avait fait le gouvernement militaire en instituant le groupe du MIRAD pour "discipliner" la Funai et "évaluer" les demandes indigènes.

4 - Pour la démarcation des Terres Indigènes, nous proposons la création d'un Groupe de Travail, avec la participation des peuples et organisations indigènes, dans le cadre du Ministère de la Justice et de la Funai pour établir la cartographie et définir les priorités et les objectifs concrets des démarcations.

5 - Nous n'acceptons pas la proposition de création d'un Secrétariat qui réunirait la Funai et le Secrétariat Special de Santé Indigène (SESAI), ce qui porterai préjudice aux rôles différenciés de chacun de ces organismes.

6 - Nous exigeons la révocation de toutes les ordonnances qui menacent nos droits originaires et l'intégrité de nos territoires, la vie et la culture de nos peuples et communautés :

6.1 - L'ordonnance 303 du 17 juillet 2012, une initiative du pouvoir exécutif par l'intermédiaire de l'Advocacia Geral da União (AGU), qui étend de manière équivoque l'application à toutes les Terres Indigènes des conditions établies par le Suprème Tribunal Fédéral (STF) dans le jugement du cas Raposa Serra do Sol (pétition 3.388/RR) qui n'a pas encore été définitivement jugé.

6.2 - L'ordonnance 2498 du 31 octobre 2011, qui détermine l'intimation des unités fédérées afin qu'elles participent aux processus d'identification et de délimitation des Terres Indigènes, vu que le décret 1.775/96 établit déjà le droit d'argumentation contradictoire.

6.3 - L'ordonnance interministérielle 419 du 28 octobre 2011 qui restreint le délai pour que les organismes et les entités de l'administration publique émettent plus rapidement les autorisations environnementales des projets d'infrastructure qui atteignent les Terres Indigènes.

6.4 - Le décret nº 7.957 du 13 mars 2013 qui crée le Cabinet Permanent de Gestion Intégrée pour la Protection de l'Environnement, réglemente l'action des Forces Armées dans la protection environnementale et altère le décret nº 5.289 du 29 novembre 2004. Avec ce décret "de caractère préventif ou répressif", a été créée la Compagnie des Opérations Environnementales de la Force Nationale de Sécurité Publique dont l'une des attributions est "d'aider à la réalisation d'études et de rapports techniques sur les impacts environnementaux négatifs". Dans la pratique, cela signifie la création d'un instrument d'état de répression militarisée contre toute action des peuples indigènes, des communautés et des mouvements sociaux qui s'opposeraient aux projets qui affectent leurs territoires.

7 - Nous revendiquons également des politiques publiques spécifiques de la part du gouvernement brésilien, qui soient effectives et de qualité, dignes de nos peuples qui, depuis des temps immémoriaux exercent le rôle stratégique de protection de la Mère Nature en limitant la déflorestation et en préservant les forêts, la biodiversité et tant d'autres richesses présentes dans les territoires indigènes.

- La santé : la réalisation du Secrétariat Spécial de Santé Indigène et des Districts Sanitaires Spéciaux Indigènes afin de résoudre les divers problèmes de gestion, de manque de professionels, et pour établir des concours spécifiques pour les indigènes, des plans de carrières et de salaires, et mettre en service une assistance de base aux villages, entre autres.

- L'éducation : que la législation qui garantit l'éducation spécifique et différenciée soit respectée et implantée avec les ressources suffisantes et que soit appliquée immédiatement la Loi 11.645 qui traite de l'obligation d'un enseignement sur la diversité dans les écoles.

- Le domaine de la soutenabilité : l'installation d'un Comité de Gestion de la PNGATI et d'autres programesspécifiques pour nos peuples, avec un budget propre.

- Pour la normalisation, l'articulation, le contrôle et l'implantation d'autres politiques qui nous concernent, la création immédiate du Conseil National de Politique Indigéniste (CNPI) dont le projet de loi (3571/08) n'a toujours pas été approuvé par la Chambre des Députés.

8 - Nous revendiquons aussi du gouvernement le respect des accords et des engagements assumés dans le cadre de la Commission Nationale de Politique Indigéniste (CNPI), en relation avec l'approbation du Statut des Peuples Indigènes par le Congrès National.

9 - Considérant que cette réunion avec votre excellence a lieu dans un contexte de nombreuses protestations dans tout le pays, nous manifestons notre solidarité avec les autres luttes et causes sociales et populaires qui visent, comme nous, un pays différent, pluriel et réellement juste et démocratique. Nous sommes également en faveur de la régularisation et de la protection des terres quilombolas, des territoires de pêche et d'autres communautés traditionelles, ainsi que pour la non urgence du projet de loi de la nouvelle réglementation de l'activité minière, afin d'assurer la participation de la société civile dans la discussion de ce thème hautement stratégique et délicat pour la nation brésilienne. 

10 - Nous réaffirmons donc notre détermination à fortifier nos luttes, à rester vigilants et nous sommes disposés à un affrontement politique, même au risque de nos vies, mais nous réaffirmons également notre disposition au dialogue ouvert, franc et sincère, en défense de nos territoires et de notre Mère Nature et pour le bien des générations actuelles et futures, autour d'un Plan de Gouvernement pour les peuples indigènes avec des priorités et des objectifs concrets établis avec nous. 

11 - Enfin, nous appelons nos pairs, les représentants, les peuples et les organisations, ainsi que nos divers alliés, à l'union pour qu'ensemble nous évitions l'extinction programmée de nos peuples.

Brasilia - District Fédéral, le 10 juillet 2013.


- traduit du portugais par Chico Libri -




Annexe 1 : copie du document original, on y voit l'autographe de la présidente Dilma ROUSSEFF. 

 

Annexe 2 : la fin du document, avec les signatures des représentants indigènes présents lors du rendez-vous du 10 juillet 2013 avec la présidente Dilma Rousseff.

Date de l'article : 29/08/2013

Auteur de l'article : Gert-Peter BRUCH

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